Pourquoi l’UE a perdu d’avance une guerre commerciale à laquelle elle ne participe pas?

Le regard de Trump va rapidement se tourner vers l’Europe…

L’économie européenne sera perdante dans le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, quel qu’en soit l’issue, et ce même si Pékin et Washington parviennent à conclure un accord après des mois de tergiversations.

Le 10 mai, les États-Unis ont augmenté les droits de douane sur 200 milliards de dollars de marchandises chinoises importées et ont menacé de prélever des taxes sur tous les types de produits chinois si les deux parties ne parviennent pas à un accord. La Chine a riposté quelques jours plus tard en augmentant les droits de douane sur une série d’importations américaines, du dentifrice au coton en passant par les pièces d’avion.

Les deux parties ont toutefois réitéré qu’elles étaient prêtes à poursuivre les discussions et impatientes de parvenir à un accord. « Quand le moment sera venu, nous conclurons un accord avec la Chine », a déclaré le président américain Donald Trump, quatre jours après l’annonce de la hausse des tarifs, en insistant sur le fait que son « respect et son amitié » pour son homologue chinois Xi Jinping étaient « illimités ».

L’Europe a des raisons évidentes de craindre une guerre totale entre la Chine et les États-Unis. Mais elle pourrait aussi souffrir si les deux puissances commerciales parviennent à un accord, en fonction des conséquences qui en découleraient à Washington.

Des conséquences déjà visibles sur la croissance européenne

L’incertitude concernant le commerce mondial a déjà pesé sur la reprise économique européenne. Les prévisions de croissance pour cette année ont été révisées mensuellement au cours de la dernière année. Selon les prévisions de la Commission européenne, le PIB de l’UE devrait croître de 1,4 % en 2019, après 2 % l’année dernière.

L’Europe est vulnérable à l’incertitude parce qu’elle retarde les décisions d’investissement. Et l’Allemagne, avec sa forte industrie des biens d’équipement et son modèle basé sur l’exportation, est plus touchée que d’autres – elle devrait se révéler être l’économie la moins performante d’Europe cette année, mise à part l’Italie.

La certitude d’un conflit commercial serait bien sûr pire que l’incertitude. L’Europe souffrirait du déclin du commerce mondial, du ralentissement de l’économie américaine, où les droits de douane seront finalement payés par les consommateurs américains, et des risques accrus pour la croissance chinoise. Là encore, l’Allemagne s’avère être le point vulnérable de l’Europe, avec sa dépendance aux exportations vers la Chine.

L’impact serait amplifié si la réaction de la Chine à la guerre commerciale était de baisser les taux d’intérêt et de laisser sa monnaie glisser, ce qui ferait augmenter le prix des marchandises importées. Selon les économistes de la Bank of America, une véritable guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine pourrait faire basculer l’économie de l’UE près de la récession au début de l’année prochaine, après un ralentissement rapide dans les derniers mois de 2019.

Les USA sur le point de s’attaquer à l’Europe dans tous les cas?

Mais le pire reste à venir : Les droits de douane américains sur les voitures fabriquées dans l’UE. Le problème de l’Europe, c’est que cela pourrait se produire même si la Chine et les États-Unis parviennent à un accord. Mais les Européens devront aussi partager une partie de la responsabilité. Leurs divergences internes sur les futures négociations commerciales avec les États-Unis et leur incapacité à corriger les conséquences néfastes de l’excédent massif de leur balance courante sur l’économie mondiale expliquent en grande partie la situation difficile actuelle.

Les fonctionnaires européens qui se plaignent de l’imprévisibilité de Donald Trump craignent que des droits américains plus élevés sur les voitures européennes n’interviennent à la fois s’il ne conclut pas d’accord avec la Chine – pour compenser un échec – ou si un accord est signé, ce qui pourrait l’encourager à chercher une autre « victoire » commerciale.

Les économistes estiment qu’une telle mesure entrainerait une réduction de 0,5 point de pourcentage de la croissance du PIB pour l’ensemble de l’UE, l’Allemagne étant, là encore, affectée de manière disproportionnée.

Il y a près d’un an, les États-Unis et l’Europe semblaient être parvenus à un accord. Lorsque le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s’est rendu à Washington en juillet 2018, et les deux parties avaient convenues d’entamer des pourparlers en vue d’un « tarif zéro » sur les produits industriels. Cela semblait laisser de côté l’agriculture, un point d’achoppement pour l’UE.

La France va-t-elle bloquer les nagociations UE-USA?

Mais alors même que les Européens étaient sur le point de convenir d’un mandat pour que la Commission s’engage dans des négociations, le président français Emmanuel Macron a insisté sur le fait que l’UE ne pouvait pas signer d’accords commerciaux avec un pays qui ne respecte pas l’accord de Paris sur le réchauffement planétaire. La perspective de tels pourparlers commerciaux semble maintenant lointaine.

Pour l’instant, il semblerait que les Etats-Unis aient décider de se laisser « jusqu’à 180 jours » pour parvenir à un accord avec l’Europe, sous peine d’éventuellement décider de taxer les voitures fabriquées dans l’UE, dans un premier temps.

Quelle que soit l’issue des négociations Chine-USA, il semblerait donc que le sujet de la guerre commerciale continuera d’animer les marchés pendant encore de nombreux mois…

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