L’Union Européenne pourra-t-elle survivre à la prochaine crise financière ?

Malgré les subventions accordées par la BCE au système bancaire de la zone euro, celle-ci reste dans un état de somnambule similaire à celle de l’économie non financière. Finis les beaux jours de la banque d’investissement. Il existe maintenant un héritage de produits dérivés et d’amendes des régulateurs. La technologie a fait du réseau de succursales surdimensionné, typique de la banque de détail européenne, une installation coûteuse. Le marché pour vider les bâtiments des banques dans les villes et villages de toute l’Europe doit être désastreux, source de pertes sous-approvisionnées. De plus, la politique de la BCE en matière de taux d’intérêt a eu pour effet de réduire considérablement les marges de crédit.

Un taux de dépôt négatif de 0,4% à la BCE a entraîné des taux monétaires du marché de gros (Euribor) négatifs le long de la courbe des rendements à au moins 12 mois. Cela a permis aux banques françaises, par exemple, de financer les positions sur les obligations d’État italiennes, en supprimant 33 points de base sur une obligation à un an « sans risque ». C’est le point culminant des marges de crédit effondrées lorsque même les cervidés peuvent voir que le risque est supérieur à la récompense, quoi qu’en dise le responsable de la réglementation. La totalité de la courbe de rendement est considérablement inférieure à ce que le risque italien implique, compte tenu de ses dettes existantes, les obligations d’État italiennes à 10 ans ne rapportant que 2,55%. C’est moins que les bons du Trésor américains, la norme sans risque mondiale.

Les rendements des obligations d’État ont été et restent considérablement réduits par la suppression des taux d’intérêt par la BCE et ses programmes d’achat d’obligations. L’expansion de la dette publique de la zone euro depuis la crise de Lehman a été d’environ 50% à 9,69 milliards d’euros. Cette expansion, qui représente 3,1 milliards d’euros, est comparable à celle du bilan propre à l’Eurosystème, qui s’est élevé à 2,8 milliards d’euros depuis 2009. Autrement dit, la création monétaire de la BCE a presque accompagné l’expansion de la dette publique de la zone euro.

Les prix des obligations, comme celui de la dette italienne à 10 ans (2,55%), n’ont donc aucun sens au sens du marché. Cela n’a pas posé de problème tant que les prix des actifs ont augmenté et que l’économie mondiale est en expansion, car l’inflation monétaire maintiendra la bulle fiduciaire en expansion. C’est quand une crise du crédit se matérialise que les problèmes commencent. La bulle plate développe des fuites et finit par imploser.

Maintenant que l’économie mondiale a cessé de se développer et est au bord de la récession, dans ces conditions changeantes, les dangers monétaires, systémiques et économiques auxquels fait face la zone euro augmentent rapidement. C’est un problème que la BCE ne peut pas contenir. Les politiciens et leurs institutions à Bruxelles ne semblent pas au courant de la tempête qui approche, mais quand ils en prendront conscience, ils se tourneront vers la réflexion de groupe pour se protéger. Comme des poissons dans un appât-bille serré, leurs actions sont conçues pour accélérer leur propre disparition.

Le début de la désintégration de l’UE

Il ne fait aucun doute que la BCE n’a jusqu’à présent empêché la survenue d’une crise financière et systémique en raison de l’expansion mondiale de la masse monétaire et du crédit qui a gonflé les prix des actifs financiers. Un contexte mondial de hausse des valeurs des actifs était nécessaire pour que les conséquences de la crise financière grecque soient absorbées sans déstabiliser tout le monde. Si cela s’était produit lors d’une crise mondiale du crédit, le résultat aurait été différent.

Inévitablement, à un moment ou à un autre, le pouvoir d’achat de l’euro commencera à tomber sous le poids de l’accélération de l’inflation monétaire et des exigences des capitalistes à la recherche d’un taux de change compétitif. L’augmentation des rendements obligataires sera inévitable et nécessitera encore un QE supplémentaire de la part de la BCE. Il faut peu d’imagination pour se rendre compte que dans un contexte de hausse des rendements obligataires et de baisse de la valeur des actifs, le gouvernement italien et son économie seront exposés à des difficultés insolubles. La différence par rapport à la crise grecque actuelle est que l’économie italienne est près de dix fois plus grande que celle de la Grèce. Jusqu’à présent, aidés par le gonflement des marchés, il n’y a pas eu de crise majeure. Dans un marché obligataire baissier d’une ampleur susceptible d’accompagner la prochaine crise du crédit, l’Italie pourrait à elle seule écraser l’ensemble de l’Eurosystème.

Cela pourrait se produire d’ici la fin de l’année, car lorsque les choses tournent mal, le rythme des calamités s’accélère généralement. Aujourd’hui, l’UE est menacée par le Brexit, qui n’a pas encore été résolu au moment de la rédaction du présent document. Mais il existe une possibilité importante que la Grande-Bretagne quitte l’UE sans un accord commercial global et sans payer tout le montant prétendument dû à l’UE. L’argent devra être constitué par les autres membres, principalement par l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne, qui sont les plus grandes économies restantes. En outre, la politique économique du Royaume-Uni doit nécessairement être axée sur un entrepôt régional compétitif pour le commerce mondial, améliorant ainsi ses performances économiques par rapport à une UE en perte de vitesse. Les tensions politiques existantes au sein de l’UE vont certainement s’intensifier à cause du retard de l’UE, et Bruxelles, accrochée à la profanation, sera pour la première fois confrontée à des coupes budgétaires.

Il est de plus en plus évident pour les observateurs indépendants que le modèle de socialisation supranational de l’UE a échoué sur les plans structurel, politique, économique et financier. La prochaine crise du crédit, qui semble découler des événements actuels, pourrait mettre fin au rêve européen.

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